La christianisation débute en Limousin dès le IIIe siècle. Le diocèse prend les limites de la cité des Lémovices et Limoges devient son chef-lieu. Du VIIe siècle au Xe siècle un réseau paroissial important se constitue. La période mérovingienne voit apparaître quelques ermites qui aident les évêques dans leur mission évangélique. Le culte rendu à ces hommes après leur mort entraîne le développement de communautés autour de leurs tombeaux, comme ce fut le cas à Saint-Léonard, Saint-Yrieix, et Eymoutiers.
D'autres communautés apparaissent ensuite et deviennent rapidement des pôles religieux et culturels importants. Parmi les plus notables citons : Solignac en 632 fondée par Eloi, Saint Martial érigée en 848 avec l'appui de Charles le Chauve, les carolingiens soutenant activement l'essor du monachisme. En 994, les reliques de Saint Martial sont exposées à la vénération des fidèles pour que cesse le « mal des ardents », les premières ostensions limousines sont nées ! Limoges est un grand centre d'art et de culture en occident, dès le Xe siècle, Saint Martial jouit d'une grande renommée dans le domaine de la musique, des arts du feu et de la décoration des manuscrits, puis de l'orfèvrerie émaillée au XIIe siècle.
En 1031 Saint Martial est reconnu apôtre du Christ, l'abbaye possède alors un énorme patrimoine avec plus de quatre-vingt prieurés. A noter aussi la réussite de la Communauté de Grandmont fondée par les disciples d'Etienne de Muret, ermite mort en 1124. Soutenu par les Plantagenêt leur patrimoine comprendra jusqu'à cent cinquante maison vers 1300. Ces monastères sont de véritables acteurs de l'aménagement du territoire, et des innovateurs en matière agricole. L'importance des patrimoines édifiés par les établissements religieux suscite les convoitises des seigneurs temporels. Bien des monastères limousins sont contraints de traiter avec les Grands comme ce fut le cas de l'abbaye Saint Martial de Limoges vis-à-vis des vicomtes de Limoges et aussi de l'abbaye de Grandmont avec les Plantagenêt.
Au cours du douzième siècle et du treizième siècle apparaissent en Limousin les ordres militaires issus des croisades : les Templiers et les Hospitaliers. A la fin du XIIIe siècle, ils comptent plus de soixante établissements.
Enfin pour répondre aux besoins engendrés par le phénomène urbain, (Limoges étant devenue une ville double : à la cité fortifiée, résidence de l'évêque, est venue s'ajouter un noyau urbain autour de l'abbaye Saint-Martial), et lutter contre toute hérésie l'Église encourage à Limoges et Saint-Junien l'installation d'ordres mendiants tels que les franciscains et les dominicains.