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La guerre de Cent Ans

Après cette période de troubles, le Limousin n'est plus au centre des opérations entre Capétiens et Plantagenêt mais de nouvelles épreuves s'abattent sur la région lorsque le roi d'Angleterre, Edouard II, revendique le trône de France. C'est le départ de la guerre de cent ans.

Le Limousin, redevenu une marche entre la France et le duché de Guyenne, possession anglaise, souffre cruellement car les périodes de trêves sont parfois pires que les temps de guerre. En effet, des bandes de mercenaires parcourent les chemins et soumettent les paysans au pire, comme le fait Perrot le Béarnais dans les campagnes limousines en s'installant au château de Châlucet, près de Limoges.

La première partie de la guerre prend fin avec la défaite du roi Jean le Bon à Poitiers en 1356, et le traité de Brétigny en 1360 : le roi abandonne aux Anglais environ un quart du royaume dont le Limousin.

Mais, dès 1369, le roi Charles VI repart en guerre, obtenant en Limousin l'aide de nombreux seigneurs et de quelques villes notamment de la Cité de Limoges. Cependant en septembre 1370 le Prince de Galles (le Prince Noir) met la Cité à sac. Malgré cette violence, en 1371, le château de Limoges se rend au roi de France.

Une certaine accalmie succède à ces temps troublés. Elle se maintient jusqu'au début du quinzième siècle, avant la guerre civile entre Armagnac et Bourguignons et la reprise des offensives anglaises dès 1415. La guerre anglaise se déroule surtout dans la moitié nord de la France, le Limousin en souffre donc peu sur son sol, malgré la reprise des conflits locaux. Les villes restent en général fidèles au roi de France, elles obtiennent ainsi de Charles VII la confirmation de leurs privilèges et de leurs institutions municipales ; les campagnes et les châteaux passèrent d'un camp à l'autre et les routiers désignés sous le nom d'écorcheurs continuent à maintenir un climat d'anarchie et d'insécurité en Limousin.

Au quinzième siècle le Limousin ne comporte toujours qu'une seule véritable ville, Limoges. Mais on y trouve aussi une cinquantaine de petites villes et bourgs le plus souvent murés, dont l'origine est souvent liée à l'essor de lieux de culte desservis par une communauté religieuse. Dans d'autres cas, on doit l'essor des noyaux urbains à une opportunité favorable sur des itinéraires fréquentés. Ainsi en est-il du Dorat, bourg canonial associé à un important carrefour drainant fer et sel de l'ouest aquitain, de Saint-Junien, de Saint Léonard et d'Eymoutiers eux-mêmes placés, comme Limoges en des points de franchissement de la Vienne. Parfois, les vicomtes et autres seigneurs limousins ont aussi créé des zones nouvelles de peuplement : soit des bourgs castraux directement unis au château, comme à Aixe, Bellac soit des regroupements avec l'église, comme à Rochechouart ou Pierre-Buffière où l'on retrouve une juxtaposition du château, du bourg et d'un prieuré.


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