La préparation des Etats Généraux convoqués par Louis XVI se déroule dans le calme en Limousin. Nobles et Tiers Etats se retrouvant dans des intérêts communs sur de nombreux points. La Révolution met de l'ordre dans les partages anciens. La création du département, le choix des chefs-lieux suscitent de vifs débats au cours desquels les villes développent des argumentaires proches de ceux du seizième siècle, afin d'obtenir un rang administratif significatif. Aux termes des années 1789-1790, émaillée de querelles sévères entre Rochechouart et Saint-Junien, Saint-Léonard et Eymoutiers, sans oublier les intemporels démêlés de Bellac et du Dorat, le statu quo prévaut.
Les trois départements épousent les limites de la marche et du Limousin, et les villes administratives de l'Ancien Régime le demeurèrent au temps de la Révolution. En Haute-Vienne, si Saint-Junien et Saint-Léonard obtiennent d'être chefs-lieux de districts, le choix de Limoges, fondé sur sa population, son commerce et tous les établissements publics d'une capitale de province ancienne est unanime.
Le Limousin fournit à la Révolution des hommes politiques illustres dont Vergniaud, des soldats parmi lesquels se distingue Jourdan. La région connaît peu de violences. Les paysans profitent de la vente des biens nationaux et du partage des biens communaux ; pour autant quelques nobles émigrent.
La continuité limousine est remarquable : mêmes limites, mêmes unités traversées de subtiles distinctions entre le sud et le nord de la contrée et même prééminence de Limoges, capitale sans rivale mais sans efficace relais provincial.