En 1605, les nobles mécontents conspirent contre Henri IV. Le roi décide de se montrer en personne dans ses provinces. Il marche en Limousin à la tête d'un petit corps d'armée en octobre 1605. Une chambre du Parlement de Paris vient de Paris tenir les Grands-Jours à Limoges. Et selon Sully, « dix ou douze têtes volèrent » !
En ramenant la paix puis en protégeant les paysans contre divers abus, Henri IV permet au Limousin de connaître à nouveau une certaine prospérité. Aussi est-il accueilli par une foule enthousiaste lorsqu'il entre à Limoges le 20 octobre 1607.
Pendant la première moitié du Grand Siècle, le Limousin vit en paix, la monarchie absolue de droit divin prenant de plus en plus de poids et écrasant toute opposition.
Sous le règne de Louis XIV, la généralité de Limoges, après diverses péripéties, englobe les élections de Limoges, Tulle, Brive, Bourganeuf et Angoulême. L'intendant devient le représentant du roi dans la Généralité.
La qualité des évêques de Limoges, comme François Lafayette mort en 1676, retentit sur le Limousin. Ils imposent au clergé une stricte discipline et lui donnent la culture qui étend son influence sur les fidèles. Les établissements monastiques se relèvent de leur marasme économique et spirituel, et de nouveaux ordres apparaissent voués à la prière, à la prédiction, à l'enseignement et à l'assistance : « Limoges la sainte » compte désormais une vingtaine de couvents.
Par ailleurs, les laïcs parfois rassemblés dans des confréries participent au renouveau catholique en tant qu'agents de bienfaisance, vecteurs de moralisation et de propagande. Pourtant le peuple ne trouve pas dans la religion prêchée son culte des saints, sa religion propre, qui lui permet de « passer sans encombre des processions aux cabarets ».
Tandis que l'agriculture éprouve bien des difficultés pour nourrir la population, les industries traditionnelles maintiennent leur activité.
Au XVIIIe siècle, de bons intendants, soucieux de la prospérité régionale se succèdent et expérimentent dans l'urbanisme, le réseau routier, la fiscalité, l'agriculture. Tourny et surtout Turgot comptent parmi les plus efficaces.
Enfin, le domaine littéraire n'est pas étranger au Limousin : Tristan l'Hermite obtient un succès similaire à celui de Corneille avec son chef-d'œuvre « Marianne », Marmontel, secrétaire perpétuel de l'Académie française protégé de Voltaire et de Madame de Pompadour reste le plus grand écrivain Limousin de cette époque.
Après 1775, les idées des philosophes circulent dans la bourgeoisie, relayées notamment par les loges maçonniques, dont la première voit le jour à Limoges en 1760.