Le Limousin accepte sans grande difficulté le Consulat puis l'Empire qui ramènent l'ordre surtout grâce aux préfets, gardiens de la sûreté de l'état et gestionnaires des intérêts locaux. Il fournit à l'Empire des soldats, dont Jourdan, encore lui, des grands fonctionnaires, des médecins brillants : Guillaume Dupuytren, Cruveilher, des savants avec notamment Gay-Lussac.
La Monarchie Constitutionnelle arrive en Limousin sans enthousiasme mais sans hostilité, tout comme la Monarchie de Juillet. Mais déjà apparaissent les premières manifestations de l'ancrage à gauche du Limousin. Une élite d'ouvriers porcelainiers se constitue à Limoges et dirige en 1833 la première grève connue à Limoges.
La Deuxième République est reçue comme les autres régimes. Seule Limoges se distingue avec sa Société Populaire constituée depuis le 26 février 1848 et la proclamation de la République deux jours avant qu'elle ne le soit à Paris. Le 27 avril 1848, éclate l'affaire de Limoges, la ville tombe aux mains des rouges jusqu'au 18 mai et obtient son surnom de Limoges la rouge, attirant Jules Simon et Georges Périn.
Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 ne provoque pas de résistances majeures, mais le Limousin participe à la résistance parisienne au cours de laquelle le Limougeaud Denis Dussoubs est tué sur une barricade. La région donne à l'Empire l'économiste Limougeaud Michel Chevalier, un des principaux instigateurs du traité de commerce de 1860 avec l'Angleterre. Les masses rurales, effrayées par la crise économique et par les violences des rouges, ont voté pour le neveu de l'empereur… Mais l'empire tombe sans qu'elles ne le soutiennent. Les deux sociétés populaires créées en septembre 1870 à Limoges proclament comme à Paris une éphémère Commune de Limoges.
Au cours de la période contemporaine, le Limousin évolue considérablement. L'arrivée du chemin de fer en 1856 à Limoges permet grâce à des apports de chaux d'améliorer la production de l'agriculture qui exporte alors des pommes de terre ou de la viande. S'il expose l'industrie textile régionale à la concurrence, il aide en revanche la concentration de la porcelaine à Limoges ou arrive la houille. Limoges devient une ville industrielle importante, atteignant presque cent mille habitants.
Les idées socialistes trouvent dans la population ouvrière un terrain favorable à leur développement. On assiste à l'essor du syndicalisme en Haute-Vienne (c'est en effet à Limoges qu'est créée la CGT en 1895), à l'avancée dans les campagnes des idées socialistes par les migrants temporaires, et au progrès de l'alphabétisation.
La Première Guerre Mondiale a au moins trois conséquences pour le Limousin, même si elle ne l'expose pas directement au feu des canons. Elle tue un grand nombre de jeunes hommes. Elle développe l'industrie de la chaussure et le tissage des draps, tout en réduisant l'activité porcelainière. Elle provoque une hausse des prix, entraînant des grèves. La guerre façonne une image négative du Limousin, on y « Limoge » les généraux incapables.
La guerre vient encore sévir en Limousin. La résistance s'y développe en rassemblant des hommes issus de divers horizons : des démocrates-chrétiens, des socialistes, des communistes. Certains limousins rejoignent le général de Gaulle à Londres. L'occupant nazi réagit brutalement comme le prouve l'horrible massacre d'Oradour-sur-Glane.