Dès la fin du dixième siècle, l'autorité souveraine paraît quasiment inexistante. Un nouveau système socio-politique se met progressivement en place. Le Limousin n'est plus qu'une entité géographique avec un territoire partagé entre plusieurs seigneuries, avec pour conséquence le retour de l'insécurité. Les vicomtes de Limoges gênés dans leur extension vers le nord par les comtes de la Marche (famille implantée sur les confins du Poitou et du Limousin, entrée dans la vassalité des ducs d'Aquitaine vers l'an mil) réussissent à étendre leur influence vers le Périgord. C'est à ce moment que le territoire se pare de châteaux, construits sur des mottes. Ils sont tout d'abord en bois, puis en pierre, comme ceux de Châlucet ou Lastours par exemple. De plus, les grands féodaux démultiplient les lieux de commandement en édifiant d'autres forteresses elles-mêmes chefs-lieux de châtellenies. De nouveaux lignages vicomtaux apparaissent dans le courant du onzième siècle dont celui de Rochechouart.
Les croisades offrent aux seigneurs limousins un moyen de canaliser leur violence. Le pape Urbain II vient prêcher à Limoges la première croisade en 1095 dans laquelle s'enrôle Gouffier de Lastours. Les croisades et l'opposition entre le royaume de France et l'Aquitaine donne de nombreux prétextes aux seigneurs limousins de reprendre les guerres privées. La grande préoccupation de l'Eglise reste le maintien de la paix avec notamment l'instauration de la « Trêve de Dieu » pour laquelle le concile de Limoges de 1031 eût un rôle non négligeable.
Aliénor, héritière du duc d'Aquitaine, répudiée par le roi de France Louis VII, épouse Henri Plantagenêt, comte d'Anjou et du Maine, duc de Normandie, qui devient roi d'Angleterre en 1158 : le Limousin est alors incorporé à l'Aquitaine des Plantagenêt et se trouve mêlé aux luttes opposant Henri II au roi de France, aux rivalités entre le roi d'Angleterre et ses fils ou aux querelles fratricides de ses enfants. C'est d'ailleurs au cours de ses luttes que Richard Cœur de Lion, fils d'Aliénor et d'Henri II, est tué lors du siège de Châlus en 1199. Le Limousin est aussi à cette époque, sujet aux exactions des routiers, mercenaires.